Une question de discipline

By Antoine Compagnon

Après le succès d’Un été avec Montaigne, Antoine Compagnon s’inscrit à nouveau dans le sillage de l’auteur des Essais. Ces entretiens révèlent un homme au parcours atypique et d’une curiosité hors norme : du statut de los angeles quotation dans les textes littéraires à Proust et Brunetière, en passant par Montaigne et l. a. littérature « antimoderne » de Joseph de Maistre à Roland Barthes.

On découvre l’enfance et l’adolescence de ce fils de militaire expatrié, qui a fait très vite des bibliothèques ses vraies demeures. Devenu polytech¬nicien, il se passionne pour los angeles linguistique. Auditeur de Lévi-Strauss, Foucault et Lacan, il raconte ces années décisives et s’attarde sur son amitié pour Barthes et pour Marc Fumaroli. Il explique remark une self-discipline s’est alors imposée à lui dans les trois sens du terme : l’enseignement, l. a. littérature et une certaine règle de vie.

Professeur au Collège de France, essayiste et romancier, voyageur infatigable, Antoine Compagnon jette aujourd’hui un regard rétrospectif sur les livres et les figures qui l’ont marqué. Il fait revivre avec brio et humour le Paris intellectuel des années 1970, mais aussi l’effervescence des universités anglaises et américaines. Il se prononce enfin sur los angeles position des études littéraires en France, et sur los angeles littérature contemporaine.

À propos de Antoine Compagnon

Antoine Compagnon né en 1950, est titulaire de l. a. chaire de littérature française moderne et contemporaine au Collège de France. Il a publié, entre autres, los angeles Seconde major (1979), los angeles Troisième République des Lettres (1983), Proust entre deux siècles (1989), Le Démon de l. a. théorie (1998), Les Antimodernes (2005), los angeles Classe de rhéto (2013). Jean-Baptiste Amadieu né en 1977, est agrégé de lettres, docteur en littérature française, et chercheur au CNRS.

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Pas de meilleure école de rigueur que los angeles philosophie analytique. Pendant un temps, j’ai donc pensé trouver dans ces divers formalismes l. a. médiation que je cherchais entre les lettres et les sciences. Peut-être ne suis-je pas allé très loin, ou assez loin, dans ces disciplines, linguistique, logique, philosophie du langage, ou encore informatique et programmation, mais il reste une hint manifeste de cette formation dans ma thèse, qui devait devenir mon optimal livre, l. a. Seconde major, et sans doute dans los angeles plupart de mes travaux ultérieurs.

B. A. –  Au regard de cette � double vérité », de cette incohérence, ne peut-on pas dire que les notions de los angeles théorie littéraire n’ont guère de valeur pratique ? Pourquoi, par exemple, continuer à affirmer los angeles mort de l’auteur alors que, pour l. a. critique littéraire, le texte feel toujours une intention ? A. C. –  Je me suis efforcé de montrer que même les théoriciens de los angeles plus haute volée ne renonçaient jamais, en réalité, à toute idea d’intentionnalité ou de référentialité, c’est-à-dire qu’un résidu d’intentionnalisme ou de référentialisme se tapissait dans les recoins de leurs théories.

D’ailleurs, auprès de ceux qui y croyaient, il y a toujours ecu ceux qui n’y croyaient pas et continuaient à faire du Zola comme si Proust et Joyce n’étaient pas passés par là. En plus, c’était ceux-là qui se vendaient. J’ai ecu un jour le malheur d’écrire que l’histoire littéraire était faite par les romanciers qui ne se vendaient pas. Certains romanciers qui se vendaient m’en ont beaucoup voulu. l. a. thèse est pourtant évidente : l. a. littérature n’avance pas sur une seule ligne. Siegfried Kracauer parlait de l. a. � non-simultanéité des contemporains » pour désigner ce phénomène.

Leur tradition est celle du roman policier, par exemple, ou de l. a. bande dessinée, et leurs allusions m’échappent, moi qui, au-delà de Tintin, suis inculte en los angeles matière, n’ayant jamais pris le virage de Pilote. Le paysage littéraire a beaucoup changé depuis ma jeunesse, depuis l’époque où il était bouleversé par une exaltation moderne et avant-gardiste. On pensait que, après le Nouveau Roman, on ne pouvait plus écrire comme avant. Au temps du Nouveau Roman, l. a. littérature était soumise au dogme du progrès.

C’était dans les lycées que l’on étudiait le plus à fond los angeles littérature, et lorsqu’on en sortait bachelier, du temps de Baudelaire ou de Proust, le diplôme valait bien une agrégation d’aujourd’hui en termes de savoir, de savoir-faire et de savoir-vivre, si j’ose une telle comparaison. los angeles formation classique des rares bacheliers était remarquable. Le haut enseignement littéraire avait lieu là, au XIXe siècle, tandis qu’à l. a. Sorbonne on donnait des grands cours publics et fournissait des jurys de baccalauréat.

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